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Cession de fonds de commerce : formalités banque, greffe et TVA

3 mai 2025 Harry Van Haelen
Cession de fonds de commerce : formalités banque, greffe et TVA

Comprendre et anticiper les démarches essentielles pour transmettre son activité en toute sérénité.

La vente d’un fonds de commerce en France impose d’accomplir un certain nombre de formalités administratives et fiscales, non seulement auprès des organismes officiels (Greffe du tribunal de commerce, Guichet unique INPI, URSSAF), mais aussi auprès de votre banque et du service des impôts. Pour éviter tout retard lors de votre transaction à Paris, Lyon ou en province, il est recommandé de bien anticiper chaque étape. N'hésitez pas à consulter nos annonces de fonds de commerce ou notre réseau off-market sur Le Journal des Cessions.fr.

1. Les démarches auprès de la banque

Informer sa banque de la cession

La première étape consiste à prévenir votre établissement bancaire de votre intention de céder votre fonds de commerce. Pourquoi ?

  • Clarifier la situation financière : Si vous disposez d'un crédit professionnel ou d'un découvert autorisé, votre conseiller voudra connaître la date exacte de la signature de l'acte définitif.
  • Mettre à jour les garanties : Dans le cas où le fonds de commerce ou le nantissement servirait de garantie pour un emprunt (par exemple souscrit auprès de Bpifrance), la banque devra réévaluer la situation.
  • Coordonner les opérations bancaires : Assurez-vous que les flux liés à la vente (remboursement anticipé, déblocage des fonds sous séquestre) se déroulent sans blocage.

Régler les emprunts en cours (le cas échéant)

Si vous avez souscrit un prêt professionnel pour financer votre matériel ou vos aménagements, il convient de :

  • Négocier un remboursement anticipé : Selon votre contrat de prêt, des indemnités de remboursement anticipé (IRA) peuvent s’appliquer. Anticipez ces coûts avec votre expert-comptable.
  • Envisager le transfert de crédit : Dans de rares cas, le repreneur peut négocier le transfert du crédit, sous réserve de l'accord express de la banque et de la mise en place de nouvelles garanties.

Fournir les preuves de solvabilité à l’acquéreur

Pour rassurer l’acquéreur et son réseau bancaire lors du montage du dossier de financement, vous pouvez fournir :

  • Une attestation de solde de compte : Prouvant que l'entreprise ne présente pas d'impayés bancaires critiques.
  • Un historique bancaire clair : Permettant de vérifier la concordance entre les bilans comptables et les flux réels d'encaissement.

2. Les formalités auprès du Greffe et du Guichet unique (INPI)

La radiation ou la modification de l’immatriculation au RCS

Depuis la réforme des formalités d'entreprise, toute démarche passe par le Guichet unique géré par l'INPI. Lors de la vente d'un fonds de commerce :

  • Le cédant doit déclarer la modification ou la cessation d'activité sur le Guichet unique afin de mettre à jour son inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).
  • L’acheteur doit s’immatriculer ou ajouter une activité à son extrait Kbis auprès du Greffe du tribunal de commerce territorialement compétent.

L’actualisation des données dans le cas d’une société

Si vous réalisez une cession de parts sociales (EURL, SARL, SAS) au lieu d'une vente de fonds :

  • Changement de gérant ou de président : Les actes de nomination du nouveau dirigeant doivent être transmis au Greffe pour modifier le Kbis.
  • Publication dans un Journal d'Annonces Légales (JAL) : Une annonce légale est obligatoire pour informer les tiers des modifications statutaires.

Extrait Kbis et absence de procédures collectives

Lors de la signature du compromis ou de l'acte définitif :

  • Le vendeur doit fournir un extrait Kbis de moins de 3 mois et un état des inscriptions (privilèges et nantissements) délivré par le Greffe.
  • Un certificat d'absence de procédure collective (redressement ou liquidation judiciaire) garantit à l'acheteur la pleine sécurité juridique de la transaction.

3. Les obligations et formalités auprès de la fiscalité et de la TVA

Identifier le régime TVA applicable (Dispense d'article 257 bis du CGI)

En droit fiscal français, la cession d’un fonds de commerce bénéficie généralement d'une dispense de TVA au titre de l'article 257 bis du Code Général des Impôts :

  • Dispense de TVA : Si la cession porte sur une universalité totale ou partielle de biens (clientèle, droit au bail, matériel) et que le repreneur poursuit l'activité soumise à la TVA.
  • Droits d'enregistrement : L'acquéreur devra s'acquitter des droits d'enregistrement calculés sur le prix du fonds (0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % entre 23 000 € et 200 000 €, et 5 % au-delà).

La déclaration de cessation d’activité et plus-values

Le vendeur doit notifier son arrêt d'activité au Service des Impôts des Entreprises (SIE) :

  • Délai de 45 jours : La déclaration de cessation doit être déposée dans les 45 jours suivant la vente pour fixer l'imposition des bénéfices et de la TVA résiduelle.
  • Exonération des plus-values : Selon le chiffre d'affaires ou le prix de cession, des régimes d'exonération existent (articles 151 septies, 238 quindecies du CGI, ou 151 septies A en cas de départ à la retraite avec abattement de 500 000 €).

Solidarité fiscale et obligations de l’acheteur

L’acquéreur dispose également de devoirs stricts :

  • La solidarité fiscale : L'acheteur peut être tenu solidairement responsable du paiement des impôts directs du vendeur pendant une durée de 30 à 90 jours après la déclaration de cession.
  • Séquestre du prix de vente : Le prix est bloqué chez le rédacteur d'acte (notaire ou avocat) durant cette période pour désintéresser le Trésor Public et les créanciers.

4. Autres étapes et bonnes pratiques en droit français

Rédiger l’acte et effectuer les publications légales

La cession se concrétise par un acte rédigé par un professionnel du droit (notaire ou avocat d'affaires) pour garantir sa validité :

  • Publication au BODACC et au JAL : L'acte de cession doit faire l'objet d'une publication au Journal d'Annonces Légales et au Bulletin Officiel des Annonces Civiles et Commerciales (BODACC).
  • Droit d'opposition des créanciers : Les créanciers du cédant disposent de 10 jours à compter de la parution au BODACC pour faire opposition sur le prix séquestré.

Vérifier les dettes sociales et l'information des salariés

Avant la signature finale, deux points majeurs du droit français doivent être respectés :

  • Information des salariés (Loi Hamon) : Dans les entreprises de moins de 250 salariés, les employés doivent être informés du projet de cession au moins 2 mois à l'avance pour leur permettre de présenter une offre.
  • Attestation de vigilance URSSAF : Le cédant doit fournir une attestation prouvant qu'il est à jour dans le paiement de ses cotisations sociales.

Gestion du personnel et du bail commercial

La transmission implique la reprise des contrats en cours :

  • Transfert automatique des contrats de travail : Conformément à l'article L. 1224-1 du Code du travail, les salariés sont automatiquement transférés au repreneur avec leur ancienneté.
  • Signification au bailleur : La cession du bail commercial 3/6/9 doit être notifiée au propriétaire des murs, en respectant les clauses du bail et le cadre du décret Pinel.

5. En résumé

La cession d’un fonds de commerce en France nécessite une rigueur absolue. Qu'il s'agisse des démarches bancaires, de l'immatriculation via le Guichet unique INPI, de la parution au BODACC ou des déclarations d'exonération de plus-values auprès du SIE, chaque étape est strictement encadrée par la loi.

En anticipant ces obligations, en maîtrisant les règles de la TVA et de la solidarité fiscale, vous sécurisez totalement votre transaction. Pour publier votre affaire ou trouver un repreneur qualifié, découvrez nos services pour publier une annonce ou consultez nos articles experts sur notre blog Le Journal des Cessions.fr. L'accompagnement par un expert-comptable ou un notaire reste la meilleure garantie pour réussir votre transmission.