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Cinq Starbucks fermés à Toulouse : l'enseigne mondiale ne protège pas de la faillite

22 septembre 2026 Harry Van Haelen
Cinq Starbucks fermés à Toulouse : l'enseigne mondiale ne protège pas de la faillite

On imagine volontiers qu'un Starbucks ne peut pas faire faillite. La sirène verte est l'un des logos les plus connus au monde, les files d'attente sont devenues un décor familier des gares et des centres commerciaux, et le nom seul semble promettre des clients. Pourtant, à Toulouse, le rideau est tombé cinq fois en moins d'un an.

Ce qui s'est passé

Selon La Dépêche du Midi (21 septembre 2026), cinq cafés Starbucks de l'agglomération toulousaine ont fermé définitivement depuis décembre 2025, le dernier le 10 septembre. Six autres établissements sont placés en redressement judiciaire. Tous dépendent d'un même franchisé, qui exploitait une quinzaine d'adresses dans la région : centres commerciaux, centre-ville, lieux de passage comme la gare ou l'aéroport.

D'après des informations publiées par un cabinet d'avocats qui suit le dossier, la société mère du franchisé est placée sous procédure de sauvegarde depuis décembre 2025, et plusieurs filiales en redressement judiciaire. Une audience décisive est attendue le 13 octobre 2026 devant le tribunal de commerce de Toulouse.

De son côté, l'exploitant de la marque en France souligne que cette situation est locale et ne reflète pas celle de l'ensemble de son réseau.

Le logo est mondial, le risque est local

C'est le point que beaucoup de clients ignorent : la plupart des Starbucks français n'appartiennent pas à Starbucks. Ils sont exploités par des entrepreneurs qui achètent le droit d'utiliser la marque, son savoir-faire et ses fournisseurs. En échange, ils investissent eux-mêmes dans les travaux, signent les baux, embauchent les équipes et versent des redevances.

Autrement dit, quand un café ferme, ce n'est pas la multinationale qui encaisse la perte en premier. C'est le franchisé, et avec lui les salariés, les bailleurs et les fournisseurs.

La franchise réduit certains risques : pas besoin de construire une notoriété, un concept éprouvé, des achats groupés. Elle en crée d'autres :

  • Des coûts fixes élevés. Les emplacements premium (galeries marchandes, gares, rues commerçantes) coûtent cher en loyer, et les aménagements imposés par l'enseigne représentent un investissement lourd.
  • Des redevances calculées sur le chiffre d'affaires, qui restent dues même quand la marge fond.
  • Peu de marge de manœuvre sur les prix et la carte, fixés en grande partie par le réseau.
  • Un effet domino quand un même exploitant détient plusieurs établissements : un site déficitaire peut fragiliser les autres.

Aucune source publique ne détaille à ce jour les causes précises des difficultés du franchisé toulousain. Il serait donc hasardeux de les attribuer au prix du café, à la concurrence des coffee shops indépendants ou à un changement d'habitudes. Ce que l'on peut dire, c'est que la notoriété d'une marque ne remplace ni un bon loyer, ni une structure de coûts saine, ni un volume de ventes suffisant sur chaque site.

Ce que le dossier dit à ceux qui achètent ou vendent un commerce

Pour un repreneur, le cas toulousain rappelle une règle simple : on n'achète pas une enseigne, on achète un fonds de commerce. Avant de reprendre une franchise, les questions utiles sont les mêmes que pour un commerce indépendant :

  1. Quel est le chiffre d'affaires réel du site, sur trois ans ? Pas celui du réseau, pas la moyenne nationale.
  2. Combien pèsent le loyer et les redevances par rapport au chiffre d'affaires ?
  3. Que dit le contrat de franchise sur la durée restante, les conditions de cession, le droit d'agrément du franchiseur et les travaux de rénovation à prévoir ?
  4. Le bail est-il transférable, et à quelles conditions ?

Pour un vendeur, la leçon est symétrique : une marque connue attire l'attention, mais ce sont les comptes qui convainquent. Un franchisé qui anticipe une cession, avant que la trésorerie ne se tende, garde bien plus de marge de négociation que celui qui vend sous la contrainte d'une procédure collective.

Et maintenant ?

L'audience du 13 octobre dira si les établissements encore ouverts peuvent être sauvés, repris ou cédés. Dans ce type de procédure, des repreneurs peuvent se manifester pour tout ou partie des sites, parfois avec un autre concept que celui d'origine.

Les emplacements, eux, gardent leur valeur : une adresse en centre commercial ou en gare reste un actif recherché. C'est souvent là que se joue la suite de l'histoire.

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Sources : La Dépêche du Midi, 21 septembre 2026 ; cabinet Kohen Avocats, 22 septembre 2026.

Questions fréquentes

Qui perd de l'argent quand un café franchisé ferme ?

Le franchisé en premier, pas la marque. C'est lui qui a payé les travaux, signé le bail, embauché les équipes et qui verse des redevances. Les salariés, les bailleurs et les fournisseurs sont ensuite concernés.

Que faut-il vérifier avant de reprendre une franchise ?

Le chiffre d'affaires réel du point de vente sur trois ans (pas la moyenne du réseau), le poids du loyer et des redevances, la durée restante du contrat de franchise, les conditions de cession et l'agrément du franchiseur, les travaux de rénovation imposés, et la transférabilité du bail.

Une enseigne connue garantit-elle la rentabilité ?

Non. La notoriété apporte du passage, mais elle ne compense ni un loyer trop élevé, ni des redevances calculées sur le chiffre d'affaires, ni une structure de coûts déséquilibrée. On n'achète pas une enseigne, on achète un fonds de commerce.

Que devient un commerce en redressement judiciaire ?

Le tribunal de commerce peut valider un plan de continuation, une cession à un repreneur ou une liquidation. Des repreneurs peuvent se manifester pour tout ou partie des établissements, parfois pour y installer un autre concept ; l'emplacement et le bail gardent leur valeur.